Chat qui bave : quelle en est la raison? Les principales causes de l'hypersalivation

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Chat qui bave : quelle en est la raison ? Les principales causes de l'hypersalivation

Dans cet article, nous vous présentons les principales causes d'une salivation excessive chez le chat : du stress à l'intoxication, en passant par les maladies infectieuses ou les troubles bucco-dentaires.

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Un chat qui bave n'est pas un phénomène habituel, il est donc important de trouver la cause de cette hypersalivation chez le félin. Une salive à l'aspect sanguinolent ou purulent peut être le signe d'un problème localisé dans la cavité buccale1, mais l'hypersalivation peut également être la conséquence de maladies neurologiques, métaboliques, infectieuses ou auto-immunes, ou encore être attribuée à la présence de corps étrangers, d'abcès, d'inflammations, de brûlures ou de toute autre forme de lésions.

Chat qui bave: Les principales causes de l'hypersalivation chez le chat

  • STRESS

Les chats sont des animaux très sensibles au stress, c'est pourquoi une nervosité intense peut provoquer une hypersalivation. De fait, les chats qui se mettent à baver lorsqu'ils arrivent en consultation vétérinaire ou lorsqu'ils sont exposés à des bruits forts ont simplement peur.

  • INTOXICATION

Plusieurs substances peuvent provoquer une salivation excessive chez le chat. L'ingestion de substances caustiques ou corrosives, souvent présentes dans les produits ménagers ou dans certaines plantes, notamment dans les « étoiles de Noël », peut causer une hypersalivation chez le chat. Certains chats réagissent également aux goûts désagréables en bavant.

Les insecticides organophosphorés et les carbamates, utilisés auparavant comme anti-puces, inhibent l'activité de la cholinestérase et provoquent fréquemment des signes muscariniques tels que le larmoiement et la salivation. Ceux-ci pourront également engendrer des diarrhées, des vomissements, une bradycardie, un myosis, une neuropathie et une faiblesse musculaire. Certains médicaments, la mirtazapine et la ciclosporine par exemple, peuvent déclencher une hypersalivation, comme cela a été rapporté dans les études menées par le Dr L.E. Ferguson et son équipeet le Dr N. Lôres Lopes et ses collaborateurs3.

  • TROUBLES BUCCO-DENTAIRES

Chez le chat, les problèmes odontologiques tels que les abcès, la gingivite ou la stomatite sont l'une des causes les plus fréquentes de l'excès de salive. L'inflammation et l'infection des gencives et de la muqueuse buccale ont tendance à stimuler la production de salive ou à en perturber la déglutition. Les altérations dentaires comme les dépôts de tartre peuvent également générer une salivation excessive. Dans ce cas, l'halitose est fréquente, en raison de la prolifération des bactéries.

  • TROUBLES QUI AFFECTENT LES GLANDES SALIVAIRES

Certains troubles peuvent affecter les glandes salivaires et causer l'hypersalivation. C'est le cas de la sialadénite, une inflammation des glandes salivaires provoquée par une infection bactérienne, habituellement liée à l'obstruction par un calcul ou à une hyposécrétion glandulaire. La présence d'un corps étranger ou une lésion de la zone à l'origine d'une nécrose des tissus en raison de la réduction du flux sanguin peuvent également amener le chat à baver excessivement.

chat qui bave

Les tumeurs des glandes salivaires peuvent être une autre cause d'hypersalivation du chat. Bien que rares chez les petits animaux, les chats ont deux fois plus de risques de développer ce type de tumeur que les chiens. Dans une majorité de cas, elles apparaissent chez les chats de plus de 10 ans. Il s'agit souvent de carcinomes et d'adénocarcinomes avec une infiltration locale et des métastases dans les ganglions lymphatiques. Quoi qu'il en soit, l'une des causes les plus courantes de l'hypersalivation chez le chat est la sialocèle, un kyste de rétention salivaire sur les tissus sous-muqueux ou sous-cutanés dû à une lésion du canal salivaire ou des glandes salivaires.

  • MALADIES INFECTIEUSES

Certaines maladies infectieuses peuvent provoquer des altérations et des lésions ulcératives sur les muqueuses buccales et donner lieu à une hypersalivation du chat. Les maladies à l'origine d'ulcères de la bouche ou de la langue, comme le calicivirus, l'herpèsvirus félin, l'immunodéficience et la leucose félines, peuvent être à l'origine d'une salivation excessive.

  • TROUBLES NEUROLOGIQUES

Même si la salive est produite et sécrétée par les glandes salivaires dans la cavité buccale, les centres supérieurs du système nerveux peuvent stimuler ou inhiber les noyaux salivaires du tronc encéphalique. C'est la raison pour laquelle certains troubles qui affectent le fonctionnement neurologique peuvent provoquer une salivation excessive. La rage, le botulisme, les troubles qui provoquent une paralysie du nerf facial ou ceux qui génèrent des convulsions peuvent être à l'origine d'une hypersalivation. Les nausées associées aux troubles vestibulaires peuvent également engendrer une sialorrhée.

  • MALADIES MÉTABOLIQUES

Certains troubles métaboliques peuvent provoquer, à certains stades de la maladie, une production excessive de salive chez le chat. Par exemple, dans le cas d'une insuffisance rénale ou d'une hépatoencéphalopathie, les reins ou le foie ne sont pas à même d'éliminer les substances nocives du sang et dévient les toxines vers le cerveau, provoquant alors une salivation excessive.

  • TROUBLES GASTRO-INTESTINAUX ET/OU ŒSOPHAGIENS

Différents troubles gastro-intestinaux ou œsophagiens peuvent provoquer un excès de salive. C'est notamment le cas du reflux gastro-œsophagien, des tumeurs, de l'œsophagite, de l'ulcère gastrique ou du mégaœsophage. Il a également été rapporté4 que l'hypersalivation pouvait provenir d'une obstruction de l'œsophage par des trichobézoards.

Ajoutons en dernier lieu que, pour déterminer la raison pour laquelle un chat bave, il est important de savoir si l'hypersalivation survient de manière aiguë ou chronique, et s'il s'agit d'une manifestation intermittente ou permanente.

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Références :
1. Kook, P. H. (2013) Ptyalism in dogs and cats - a short review. NAVC Conference 2013 Small Animal; Orlando, États-Unis.
2. Ferguson, L. E. et. al. (2016) Mirtazapine toxicity in cats: retrospective study of 84 cases (2006-2011). J Feline Med Surg; 18(11): 868-874.
3. Lores, N. et. al. (2019) A blinded, randomized, placebo-controlled trial of the safety of oclacitinib in cats. BMC Veterinary Research; 15: 137.
4. Woerde, D. J. et. al. (2019) Oesophageal obstruction due to trichobezoars in two cats. JFMS Open Rep; 5(1): 2055116918823581.
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