Pancréatite chez le chat : signes, maladies et traitement

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Pancréatite chez le chat : signes cliniques, maladies concomitantes et traitement

Sous-diagnostiquée dans une majorité de cas, faute de suspicion clinique, la pancréatite est l'affection du pancréas exocrine la plus fréquente chez le chat.

Médecine et soins vétérinaires

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Parmi les signes cliniques les plus fréquents figurent la perte de poids, la diarrhée et les altérations du pelage, manifestations souvent concomitantes à une maladie gastro-intestinale. L'approche thérapeutique inclut, entre autres, la modification du régime alimentaire et l'administration de compléments alimentaires.

Les maladies gastro-intestinales constituent l'une des trois principaux causes de morbidité féline. Parmi celles-ci, l'insuffisance pancréatique exocrine (IPE) représente l'affection du pancréas exocrine la plus fréquente chez le chat.

Malgré le peu d'informations disponibles concernant les manifestations cliniques, les signes cliniques suivants ont pu être identifiés à partir des différentes études menées 

Pancréatite chez le chat : caractéristiques cliniques

  • Perte de poids

  • Selles non formées

  • Altération du pelage

  • Autres : anorexie, augmentation de l'appétit, léthargie, diarrhée aiguë, vomissements.

Outre l'IPE, les troubles pouvant provoquer des diarrhées et/ou des vomissements sont nombreux. On citera notamment la présence d'un corps étranger, les boules de poils, les infections, les problèmes d'intolérance/hypersensibilité alimentaire et la maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI).  Ces signes cliniques peuvent passer inaperçus en raison du caractère réservé des chats. Il est même possible que ces manifestations soient considérées comme normales si elles deviennent chroniques.

Pancréatite chez le chat

En raison de leur étiologie différente, les manifestations cliniques de l'IPE chez le chat sont souvent différentes de celles observées chez le chien.

Maladies concomitantes

La pancréatite chez le chat se développe fréquemment de manière concomitante à une autre maladie touchant d'autres organes, appareils ou systèmes. Il est judicieux de ne pas l'écarter lors du diagnostic, car des signes d'inflammation pancréatique sont détectés chez plus de la moitié des félins, sains en apparence, soumis à une autopsie.

Chez le chat, la forme chronique de la pancréatite est plus fréquente que la forme aiguë : elle représente jusqu'à 90 % de l'ensemble des cas de pancréatites (à la différence des chiens pour lesquels la pancréatite est plus souvent attribuable à une atrophie acino-pancréatique, comme nous l'avons exposé précédemment).

Ce syndrome d'inflammation concomitante affectant plusieurs organes – le pancréas, le foie et l'intestin grêle – est appelé « triade féline » (ou « triade du chat »). D'après différentes sources, une triade a été identifiée chez 50 à 56 % des chats atteints de pancréatite et chez 32 à 50 % des chats souffrant de cholangite/hépatopathie inflammatoire, c'est pourquoi les chats atteints d'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) et/ou d'une maladie des voies biliaires doivent être considérés comme une population à risque de triade féline.

Parmi les autres maladies concomitantes figurent le diabète sucré, le déficit en vitamines (B12, folates ou vitamine K), le lymphome de l'intestin, la néphrite, la thromboembolie pulmonaire et l'épanchement pleural et péritonéal.

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Pancréatite chez le chat : réponse au traitement

La stratégie thérapeutique recommandée est la suivante.

Régime alimentaire :

  • Sélection de sources comprenant de nouvelles protéines intactes (faiblement antigénique) ou des protéines hydrolysées, respectivement, afin de limiter l'exposition à d'éventuels allergènes et pour leur digestibilité élevée. Les sources de protéines sélectionnées étant compatibles avec la MICI et/ou la cholangite, les chats répondent favorablement au traitement.
  • Réduction des graisses afin de traiter les problèmes de digestion.
  • Haute digestibilité, en vue d'améliorer l'absorption des nutriments et de réduire la diarrhée osmotique de même que la production de gaz.
  • La nouvelle alimentation Feline Gastroentric Sensitive formulée de façon à garantir les apports journaliers en vitamine B12.

Compléments alimentaires :

  •  Supplémentation en vitamine B12 (cobalamine) : chez le chat, l'absorption de cette vitamine est complexe et dépend principalement du fonctionnement du pancréas et de la santé de la muqueuse de l'intestin grêle. Un apport complémentaire est recommandé en cas de dosage sérique < 300 ng/L.
  • Enzymes pancréatiques : traitement qui doit être maintenu à vie, en recherchant la dose de maintien la plus faible.

La majorité des chats répondent bien au traitement adapté à l’IPE ; la supplémentation en vitamines B12 semble nécessaire à l’obtention d’une réponse favorable.

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