Usage des anti-inflammatoires chien : quels sont les effets à court terme ?

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Usage des anti-inflammatoires chez le chien : quels sont les effets à court terme ?

L'usage fréquent d'anti-inflammatoires chez le chien nécessite une analyse approfondie de leurs effets indésirables. Si les effets qu'ils exercent sur le système gastro-intestinal et leur toxicité rénale et hépatique sont bien documentés, il ne faut pas non plus

perdre de vue leurs effets sur le système cardio-vasculaire. Ces médicaments sont également à l'origine d'une augmentation de la pression sanguine et de la post-charge cardiaque

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Le terme anti-inflammatoire désigne une vaste gamme de médicaments dont l'objectif principal est d'atténuer l'inflammation, la douleur et la fièvre. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) exercent généralement une action plus forte, mais produisent également des effets négatifs à court terme chez les animaux, en particulier chez le chien.

Effets indésirables des anti-inflammatoires chez le chien

L'utilisation d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) a été associée à des ulcères gastro-intestinaux, voire à des perforations gastro-intestinales. En effet, nombre de ces médicaments sont des acides faibles et peuvent donc irriter directement les muqueuses gastriques, surtout lorsqu'ils sont administrés par voie orale. Les effets indésirables gastro-intestinaux peuvent être de gravité variable, allant des problèmes de vomissements, de diarrhée et de perte d'appétit voire à l'ulcération gastro-intestinale sévère, en passant par la gastrite légère.

De fait, l'une des raisons qui justifie le plus souvent l'interruption de ce type de traitement est l'apparition de vomissements et/ou de diarrhées chez le chien. Par prudence, les vétérinaires décident généralement d'interrompre le traitement anti-inflammatoire jusqu'à ce que les signes cliniques soient résolus, pour ensuite proposer un médicament plus doux, associé à un gastroprotecteur.

Les anti-inflammatoires sont également connus pour leur toxicité rénale et hépatique, en particulier au cours des trois premières semaines de traitement. À fortes doses, ils ont notamment été associés au « syndrome du foie gras » chez le jeune chien. En cas d'hypovolémie, l'administration d'AINS peut provoquer une lésion rénale, en raison de l'inhibition de la synthèse des prostaglandines.

anti inflammatoire chiens

C'est pourquoi il est toujours recommandé d'effectuer une prise de sang avant de prescrire le médicament, afin de déterminer un point de comparaison initial, puis de procéder à des analyses de sang régulières. Il est évident que ces médicaments doivent être utilisés avec une extrême prudence chez les animaux souffrant au préalable de troubles hépatiques ou rénaux.

Toutefois, il convient de préciser que les derniers AINS approuvés pour un usage vétérinaire présentent des effets indésirables gastro-intestinaux moins fréquents que les anti-inflammatoires classiques, comme l'a mis en évidence une étude menée à l'université d'État de Sao Paulo1. Néanmoins, à l'heure actuelle, aucune étude ne permet d'étayer l'idée que ces nouveaux médicaments seraient moins toxiques pour les reins et le foie.

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Effets de la prednisone sur les maladies cardiaques

Une étude2 publiée dans l'American Journal of Veterinary Research a été menée en vue d'analyser l'effet des anti-inflammatoires chez le chien. Il s'agissait plus particulièrement d'étudier les glucocorticoïdes à action intermédiaire (prednisone) administrés par voie orale. L'objectif de cette étude était de vérifier si les doses d'anti-inflammatoires pouvaient favoriser la progression de la maladie cardiaque ou de l'insuffisance cardiaque congestive chez le chien.

Les chercheurs ont examiné 11 chiens atteints de dermatite allergique, qu'ils ont comparés à 11 témoins sains n'ayant reçu aucun traitement. Ils ont analysé les variables cliniques et pathologiques, échocardiographiques et hémodynamiques. Les chiens atteints de dermatite allergique ont reçu de la prednisone (1 mg/kg, PO) une fois par jour pendant 14 jours consécutifs, suivi d'une réduction progressive de la dose et d'une période de lavage. Les mesures ont été effectuées aux jours 7, 14 et 35 de l'étude.

D'après les résultats, l'administration de prednisone n'a pas entraîné de modification significative de la concentration sérique en sodium ou en potassium, ni de la concentration de glucose dans le sang. Elle n'a pas non plus modifié les variables échocardiographiques.

Cependant, au jour 7, les modifications de la tension artérielle systolique par rapport aux valeurs de référence étaient significativement plus importantes chez les chiens sous prednisone que chez les chiens du groupe témoin. Les chercheurs ont également constaté que la prednisone avait altéré les valeurs attendues de l'hématologie et de la biochimie sérique (neutrophilie, éosinopénie, isosthénurie et forte activité de la phosphatase alcaline sérique et de l'alanine aminotransférase).

Cette étude donne à penser que les doses de glucocorticoïdes administrées par voie orale peuvent avoir un effet négatif sur la fonction cardiaque chez le chien, en augmentant la pression sanguine, et donc la post-charge cardiaque.

Une autre analyse sur l'action pharmacologique des anti-inflammatoires non stéroïdiens chez le chien, conduite à l'université d'État du Kansas3, a permis de montrer que ces médicaments pouvaient affecter la tension artérielle en raison de leur action sur la synthèse des prostaglandines.

Au cours de ces traitements, une alimentation ayant une action protectrice sur les reins peut aider le chien à compenser certains problèmes caractéristiques des premiers stades des pathologies cardiaques. En effet, grâce à sa faible teneur en sodium, ce type d'alimentation permet non seulement de ralentir la progression de l'insuffisance rénale, mais aussi de protéger le système cardio-vasculaire.

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Références bibliographiques :
1.     Luna, S. P. et al. (2007) Evaluation of adverse effects of long-term oral administration of carprofen, etodolac, flunixin meglumine, ketoprofen, and meloxicam in dogs. Am J Vet Res; 68(3): 258-264.
2.     Masters, A. K. et. al. (2018) Effects of short-term anti-inflammatory glucocorticoid treatment on clinicopathologic, echocardiographic, and hemodynamic variables in systemically healthy dogs. Am J Vet Res; 79(4): 411-423.
3.     KuKanich, B. et. al. (2012) Clinical pharmacology of nonsteroidal anti-inflammatory drugs in dogs. Vet Anaesth Analg; 39(1): 69-90.
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